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Les peuples premiers d'Amazonie et des Andes transmettent, depuis des générations, une vision du vivant où la plante, le corps et l'esprit ne sont jamais dissociés. C'est ce savoir — une pratique, un rapport au monde, pas une preuve clinique — que Tatwa s'attache à recevoir avec justesse, puis à faire connaître à son tour, sans jamais prétendre le remplacer ni le réduire à une formule.

Le parcours de Laurent Gheller auprès des peuples premiers

Le lien de Laurent Gheller avec les peuples premiers ne date pas de la création de Tatwa. Il remonte à 2001, au Guatemala, où il entre en contact pour la première fois avec des communautés indigènes — une rencontre qui va orienter la suite de son parcours, alors qu'il se forme par ailleurs à la kinésiologie et à la médecine quantique.

C'est en 2014, en Colombie, que ce lien se fait plus profond : Laurent noue des relations durables avec les peuples Sionas, Kofans et Arhuacos, gardiens de savoirs liés aux plantes de la région. La même année, il rencontre Marcela Saavedra, qui deviendra sa compagne et co-fondatrice de l'aventure. Ensemble, ils créent Tatwa en Colombie, le 1er août 2014 : non comme un projet commercial pensé a priori, mais comme le prolongement naturel de ces rencontres et de cette relation de confiance construite avec les communautés.

  • 2001Premier contact avec des communautés indigènes, au Guatemala.
  • 2014Relations durables nouées en Colombie avec les Sionas, les Kofans et les Arhuacos ; rencontre avec Marcela Saavedra.
  • 01.08.2014Création de Tatwa, en Colombie.

Le protocole de la cueillette, une relation avant un prélèvement

Récolter une plante chez Tatwa n'est jamais un geste isolé. Chaque plante que nous utilisons est liée à une communauté gardienne de son savoir, et c'est sur son territoire, avec son accord, que tout commence.

Avant d'entrer en forêt, une demande de permission est formulée auprès des autorités supérieures de la communauté concernée. Elle seule peut ouvrir l'accès au territoire et aux plantes qu'elle protège. Un rituel de bienvenue est ensuite adressé à l'arbre maître, celui qui veille sur la plante recherchée, avant que l'expédition ne s'enfonce dans la forêt.

Certaines de ces expéditions durent jusqu'à quatre jours avant d'atteindre la plante. Ce temps long fait partie du protocole autant que la récolte elle-même : il oblige à ralentir, à s'adapter au territoire plutôt qu'à le traverser.

Une fois la plante trouvée, la cueillette reste mesurée. Nous ne prélevons jamais toutes les fleurs disponibles : seule une petite partie est récoltée, le reste étant laissé à l'environnement pour que le cycle naturel se poursuive. Une très faible quantité suffit au travail de Tatwa — la rareté de chaque essence tient moins à sa disponibilité qu'au respect de cette limite que nous nous imposons nous-mêmes.

Le chant de la plante, une pratique transmise

Une fois la plante récoltée, une étape propre à Tatwa entre en jeu : l'extraction de ce que Laurent Gheller appelle le chant de la plante. À l'aide d'un appareil conçu à cet effet, il capte la différence électrostatique entre la racine et une feuille, et convertit cette onde en un signal audible. Cette information sert ensuite à dynamiser les eaux de source utilisées dans la fabrication de chaque essence — le même principe de dynamisation qui, côté scientifique, s'inspire directement de la méthode homéopathique décrite dans notre référentiel.

Cette pratique s'accompagne d'une autre, tout aussi ancrée dans la manière de faire de Tatwa : avant d'entrer en production, les collaborateurs du laboratoire s'évaluent eux-mêmes sur le plan émotionnel. Une attention particulière est portée à l'état de conscience de celles et ceux qui fabriquent chaque essence, dans la conviction que cet état fait partie du processus autant que les gestes techniques.

Nous présentons cette pratique pour ce qu'elle est : une conviction et une tradition propres à la maison Tatwa, transmise et assumée comme telle.

Le lien entre le corps et l'esprit dans ces traditions

Dans de nombreuses médecines traditionnelles d'Amérique latine, dont celles des peuples que nous accompagnons, le soin du corps et celui de l'esprit ne sont pas pensés séparément. Le mal-être physique et le déséquilibre intérieur y sont abordés ensemble, dans une vision unifiée de la personne, plutôt que traités isolément comme le fait souvent la médecine occidentale. C'est cette vision qui inspire l'approche de Tatwa, sans prétendre s'y substituer. C'est un principe simple, et pourtant rare dans nos sociétés : ne jamais soigner un état d'esprit en oubliant le corps qui le porte, ni l'inverse.

Un savoir vivant, pas figé dans le passé

Ces traditions ne sont pas des reliques que nous exhumerions pour les besoins d'un récit de marque. Elles sont pratiquées aujourd'hui, par des communautés vivantes, sur les mêmes territoires depuis des générations. En 2022, l'UNESCO a inscrit à la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité le système ancestral de connaissances des quatre peuples autochtones arhuaco, kankuamo, kogi et wiwa de la Sierra Nevada de Santa Marta. Cette reconnaissance ne récompense pas un passé figé : elle atteste d'un savoir toujours transmis, toujours pratiqué, avec lequel Tatwa a la responsabilité de dialoguer avec justesse plutôt que de s'en inspirer à distance. Notre engagement auprès des Arhuacos, au-delà du savoir qu'ils transmettent, se poursuit sur le terrain de la préservation de leur territoire.


Cet héritage transmis est une facette de notre travail ; l'autre se trouve du côté de la rigueur scientifique qui encadre chaque étape de fabrication. Les deux se répondent, sans que l'une prenne le pas sur l'autre.

La sagesse ancestrale